GARGES-LES-GONESSE(95) – en cours d’achèvement

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Mission d’accompagnement et d’évaluation du dispositif des Temps d’Activités Périscolaires dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires. La Ville de Garges-les-Gonesse s’est engagée dès septembre 2014, dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, dans un projet ambitieux englobant l’ensemble des âges de l’enfance et de l’adolescence de 0 à 18 ans et visant à promouvoir une approche globale de l’éducation, au-delà des simples questions scolaires et périscolaires, pour prendre en compte l’ensemble des mécanismes sociaux et éducatifs qui vont influer sur le développement de l’enfant. Une étude a montré qu’environ 59 % des enfants n’avaient aucune activité culturelle en dehors de l’école et de même 48% pour le sport.

LE PUBLIC ET LES OBJECTIFS DU PROJET EDUCATIF TERRITORIAL

> Cette orientation se traduit concrètement par près de 4000 enfants par jour présents dans les ateliers mis en place dans le cadre des TAP et par l’application d’un principe de gratuité totale pour toutes les activités.

> L’objectif de la politique éducative locale est de favoriser un parcours cohérent de l’enfant entre les temps et entre les âges, en s’assurant que tous les acteurs participent de manière coordonnée aux mêmes objectifs d’éducation et d’épanouissement de l’enfant(…)
Ces objectifs communs doivent permettre à chaque enfant gargeois, sans distinction d’origine, de ressources ou de milieu social, d’avoir accès aux ressources et activités permettant de maîtriser les savoirs, savoir-faire et savoir-être correspondant au socle commun de connaissances et de compétences, grille de référence commune à toutes les actions du territoire.

La singularité du projet de la ville tient donc dans son ampleur, dans le fait que l’ensemble des jeunes générations de Garges-lès-Gonesse doit bénéficier de ce dispositif.
Sa coordination est confiée au ‘pôle animation’ du service des actions éducatives. Sont impliqués :
• 7 services municipaux,
• 1 service de la Communauté de communes,
• 16 organismes prestataires,
> à titre d’exemple sur le mois de mars 2016 :
– 382 agents municipaux sont intervenus sur les TAP ainsi que 111 intervenants relevant des prestataires.

LES ACTIONS MISES EN ŒUVRE

Tout d’abord, les actions mises en place depuis septembre 2015 :
> sur la communication, à la demande des familles, avec réalisation de six actions, la dernière, « la finale des TAPS », ayant eu lieu fin juin,
> la prise en compte du public de l’école préélémentaire avec accueils différenciés en fonction de l’âge des enfants,
> le dispositif des ‘rendez-vous du jeudi’ pour répondre aux constats des équipes d’animation qu’ils n’avaient plus le temps de la réflexion collective,
> l’accompagnement sur les projets pédagogiques pour les directeurs d’ALSH, qui doit être poursuivi car ils ont des difficultés à travailler à partir du diagnostic et de prendre en compte le projet de l’école pour être en complémentarité,
> la création d’outils de suivi en ligne pour répondre le jour même aux difficultés qui surviennent quotidiennement.

LA MISSION D’ACCOMPAGNEMENT ET D’EVALUATION SUR L’ANNEE 2016-2017

La mission d’accompagnement et d’évaluation a pour but de générer collectivement les conditions de la poursuite du dispositif des Temps d’Activités Périscolaire à la dimension où il a été décidé par la Ville de Garges-lès-Gonesse c’est à dire de concerner l’ensemble des enfants et des adolescents de la ville, d’en identifier et valoriser les acquis, les potentialités, les ressources, d’analyser les difficultés, les freins et de formaliser les propositions opérationnelles en co-élaboration avec les différents acteurs.

1 – LES PRINCIPES DE L’ÉVALUATION

Les principes de l’évaluation sont les suivants :
> une évaluation partagée,
> une évaluation territorialisée,
> une évaluation qualifiante (ou endo-formative) tout au long du processus 2016-2017.

UNE EVALUATION PARTAGEE

C’est à dire une évaluation qui permet que les constats, les analyses, les propositions soient générés par les différentes parties prenantes du dispositif des TAP. Il s’agit, en l’occurrence, de travailler sur les conditions et les modalités de la transversalité (inter-services et inter-partenarial), et sur les nécessités du changement que suppose la mise en place des TAP à Garges-lès-Gonesse dans une envergure si singulière.
L’évaluation partagée doit permettre notamment d’identifier les raisons des problématiques formulées au bilan intermédiaire et de produire collectivement des réponses concrètes et opérationnelles et ainsi de développer un processus de co-responsabilité / de co-responsabilisation de l’ensemble des partenaires.

A l’exemple d’une évaluation que nous avions conduite sur les effets des projets culturels et artistiques dans la lutte contre l’illettrisme, on peut souligner qu’une évaluation n’est pas que l’évaluation pour les usagers : c’est l’évaluation pour l’ensemble des parties prenantes du processus pour voir quels sont les effets et les conditions d’implication pour chacune des parties prenantes de tel dispositif.

UNE EVALUATION TERRITORIALISEE

C’est–à-dire conduite de façon à ne pas reproduire sur la ville les résultats des études nationales ou internationales.

Une évaluation qui partira donc des objectifs recherchés par la ville compte-tenu du contexte de Garges-lès-Gonesse – dont la description est très précise en amont du PEDT.

Cela sera mis en relation avec les résultats d’études générales pour voir les points forts et les éléments à développer dans la ville de Garges-lès-Gonesse

Ainsi par exemple en 2007, un symposium – là, sur l’évaluation de l’éducation artistique et culturelle – a regroupé environ 1000 participant(e)s représentant 45 pays ; il a réuni une cinquantaine de chercheurs européens et internationaux pour confronter leurs travaux, procéder à un état des lieux et souligner « les effets positifs sur le développement cognitif, la réussite scolaire, les compétences sociales, la créativité, la capacité d’initiative » qu’elle aurait sur les enfants et les jeunes. « Elle favoriserait la réduction des inégalités entre les résultats scolaires des enfants favorisés et défavorisés, elle contribuerait à la construction de l’identité culturelle de chacun et à l’ouverture aux autres cultures ».

D’autres études témoignent depuis lors de l’ensemble de ces effets positifs.

Cette évaluation doit s’appuyer sur ces résultats, mais le but n’est pas de les reproduire à une échelle locale : il s’agit plutôt de contextualiser l’approche en se centrant sur les conditions et les modalités mises en œuvre, dans une configuration locale précise, pour aboutir à ce résultat.

UNE EVALUATION QUALIFIANTE TOUT AU LONG DU PROCESSUS 2016-2017

La troisième caractéristique de cette évaluation consiste à transférer les outils méthodologiques utilisés aux acteurs qui vont être impliqués dans ce processus d’évaluation. Le but est de générer du « tiers inclus » c’est à dire des professionnels, des agents de plus en plus en conscience de ce qu’ils mettent en jeu dans leurs pratiques professionnelles, dans leurs relations aussi bien avec les usagers, les collègues de travail que les partenaires impliqués dans les projets.

Il s’agit de conduire un processus qui rende compte également des compétences de chacun(e), les valorise, les qualifie.

2 – LES OUTILS MÉTHODOLOGIQUES DE L’ÉVALUATION

L’évaluation est conduite en intégrant les deux principaux pôles de la relation à savoir les professionnels d’une part et d’autre part les parents ainsi que les enfants et les adolescents.

I • ATELIERS PROFESSIONNELS
II • ENTRETIENS PARENTS ET ENFANTS /JEUNES
III • OBSERVATION PARTICIPANTE

I • ATELIERS PROFESSIONNELS

Les ateliers seront conduits avec la démarche d’accompagnement et d’analyse de pratiques : cette démarche permet une évaluation partagée des projets et des actions.

Quelle est cette démarche de manière générale ?
• Exprimée en une phrase, l’analyse des pratiques est faite par les acteurs eux-mêmes, avec le groupe comme soutien, de façon à travailler la capacité à la coopération ainsi que les conditions qui la permettent.

• L’ensemble est centré sur des situations concrètes de travail dans le but de transformer l’expérience vécue en objets d’analyse et en production de savoirs développant ainsi l’expertise de chacun.

Cette modalité permet d’élaborer, à partir des problématiques, des projets en cours et leurs difficultés de réalisation, de coproduire de la connaissance, du «modifiable» et des propositions précises et fiables.

Ainsi, chacun(e) se fait « ethnologue » de sa propre pratique en s’ancrant dans celle-ci, en mettant en jeu son expérience et les difficultés rencontrées.

• De plus, nous conduisons ce processus en associant la transmission de cet outil aux participant(e)s.

Quelle est sa fonction ?
<> Une fonction d’accompagnement, de ressources et de co-élaboration de la problématique, d’invention et de résolution de problèmes.

Quelle dynamique ?
<> Le groupe / l’atelier peut avoir aussi à rassembler sa capacité à dégager la personne qui expose la situation concrète, du nœud, de l’impasse dans laquelle elle peut parfois se vivre.
<> Ainsi construit, il incarne le développement de la co-responsabilité et la conscience de l’interdépendance.

CONCRETEMENT

◊ Faire un état des lieux de tout l’éventail des projets existants : des projets les plus en difficultés aux plus innovants pour choisir en collectif les projets qui feront l’objet du travail en groupe,

◊ travailler les conditions et les modalités des dispositifs en partant des difficultés / problématiques car c’est là le plus souvent où il y a les possibilités d’innovation,

◊ transmettre la démarche permettra ici :
> que le processus se poursuive les années suivantes et s’amplifie pour donner toute la force à ce dispositif singulier mis en place à Garges-lès-Gonesse en approfondissant les conditions et les modalités qui permettent ces effets sur les jeunes générations et leurs familles : que le projet reste vivant dans sa recherche de solutions et ne s’enferme pas dans les difficultés que la générosité de ce dispositif par son ampleur pourrait entrainer,

> mais également pour qu’elle puisse rayonner pendant l’évaluation elle-même : cela permettra de toucher davantage de personnes : ces personnes touchées par ces ateliers d’accompagnement et d’analyse des pratiques professionnelles pourront, dans le même mouvement, les produire avec d’autres personnes impliquées dans le dispositif – que nous accompagnerons,

◊ identifier les changements en cours dans les métiers et accompagner par ce dispositif d’évaluation-formation.

LES CONTENUS

Le bilan conduit par le Pôle animation propose que suite à « l’expérience sur la mise en place des TAP dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires » qui « arrive sur la fin de sa deuxième année », qu’« un certain nombre de problématiques récurrentes » soit « analysé afin de trouver collectivement des solutions. »

MISE EN PLACE DE CES ATELIERS

◊ le format doit continuer à s’élaborer avec le comité technique.
A ce jour, nous pouvons proposer un format de :
> trois fois trois journées en transversalité interservices.

La constitution des groupes de participant(e)s se fera avec le comité technique.

II • ENTRETIENS PARENTS ET ENFANTS /JEUNES

Entretiens individuels et entretiens de groupe (focus-groupe)
– parents (avec enfants sur certains temps),
– jeunes.

Les questions aujourd’hui qui émergent (mais qui seront à développer lors du travail ensemble) :
> quels sont les contenus des besoins en communication des familles ?
« La communication était une revendication forte des familles »,
> recueillir les attentes des parents de façon plus générale,
> impliquer les parents de façon également :
– à constituer des collectifs de parents-acteurs qui viennent participer de la résolution de certaines problématiques,
– à produire du bénévolat à partir de la connaissance des compétences des parents, bénévolat qui vient en soutien bien sûr et non en remplacement.

III • OBSERVATION AVEC CONDUITE DE ‘MINI ENTRETIENS’

Des temps d’observation pourront être mis en place sur certains « événements » comme lors des différentes rencontres avec les parents comme par exemple :
– « je découvre l’organisation et le personnel »
– ou « vis ma vie aux taps ».
A définir avec le comité technique.

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