Formation et analyse des pratiques

 

1. En intra, nous proposons dans le cadre de l’accompagnement de projets, des dispositifs qui soutiennent la co-élaboration avec les acteurs/les professionnels en partant des acquis, des compétences, des équipes culturelles, des services, des établissements. Il s’agit donc d’une démarche qui mobilise et valorise les savoir-faire et les expertises de chacun et participe ainsi du développement de la concertation et du partenariat.

2. Dans des propositions de formation ou de séminaires d’analyse des pratiques professionnelles : il s’agit de partir d’une réflexion centrée sur l’action en situation de chaque professionnel, puis de transformer l’expérience vécue en objets d’analyse et en production de savoirs développant ainsi l’expertise de chacun.

Liste complète de nos expériences de formation et d’analyse des pratiques »

L’accompagnement et l’analyse des pratiques

(ci-dessous : article pour « la Plateforme de ressources pour les collectivités » de L’Observatoire des Politiques culturelles)

Pour contribuer à renouveler les politiques publiques de la culture, des termes tels que « co-élaboration », « co-construction » ont été mis en valeur. De nouvelles pistes de travail ont émergé. Des pratiques de gouvernance impliquant les différents acteurs dans des processus d’élaboration des orientations de politique culturelle ont été initiées par certaines collectivités publiques. Ces changements en cours placent de plus en plus clairement le professionnel en situation de médiation, de co-opération, d’accompagnement, de pilotage d’équipe-projet. Ainsi, cette évolution du champ culturel met en jeu de façon croissante les dimensions de la relation  dans l’activité professionnelle elle-même. Ce renversement de perspective dans la conduite des politiques culturelles suppose d’être instrumenté, outillé. Il apparaît de plus en plus que les professionnels de la culture ont besoin de lieux, d’espaces de réflexions, d’échanges pour traduire les évolutions de leurs métiers, pour exposer en groupe leurs pratiques professionnelles, les confronter, clarifier les difficultés rencontrées, les analyser dans toutes leurs dimensions institutionnelles, organisationnelles, techniques.

Quel est cet outil ?

De manière générique, cette modalité s’appelle l’analyse des pratiques professionnelles. Exprimée en une phrase, l’analyse des pratiques est faite par les acteurs eux-mêmes, avec le groupe comme soutien, de façon à travailler la capacité à la coopération ainsi que les conditions qui la permettent. De plus, nous conduisons ce processus avec l’objectif associé de transmettre cet outil aux participants.

L’ensemble est centré sur des situations concrètes de travail dans le but de transformer l’expérience vécue en objets d’analyse et en production de savoirs, développant ainsi l’expertise de chacun. Cette modalité permet d’élaborer, à partir des problématiques des participants, des projets en cours et leurs difficultés de réalisation, de coproduire de la connaissance, du « modifiable » et des propositions précises et fiables.

Dans ces groupes d’accompagnement et d’analyses des pratiques professionnelles (pouvant du reste réunir aussi bien des artistes, des responsables associatifs que des « professionnels de la culture ») : chacun(e) se fait « ethnologue » de sa propre pratique en s’ancrant dans celle-ci, en mettant en jeu son expérience et les difficultés rencontrées. En ce sens, cette démarche peut contribuer à une évaluation partagée des projets et des actions.

Le travail d’analyse des pratiques est conduit à partir d’un « protocole » de plusieurs pages, remis à chacun des participant(e)s.
Il leur est demandé en amont d’identifier une situation professionnelle précise qu’ils souhaitent mettre au travail en raison des difficultés, des « nœuds », de la complexité qu’elle comporte. Sans entrer dans les détails, les modalités de choix de la situation mise en jeu peuvent varier selon le contexte des « séminaires » : en intra dans un établissement, dans un service de collectivité ou bien en formation ouverte dans un centre de formation par exemple.

La transmission de l’outil

Les temps d’analyse des pratiques professionnelles prennent toute leur épaisseur lorsque l’outil lui-même est diffusé aux participants en les impliquant dans l’animation même des séances.
Cela leur permet de s’approprier la démarche et de l’utiliser dans leurs propres situations de travail : ainsi, progressivement, chacun(e) sera invité(e) à le mettre en œuvre dans son contexte professionnel et sera accompagné dans la mise en place de cette méthodologie.

Nous pourrions intituler l’ensemble de ce processus : « du passeur à la passerelle ». Effectivement, quand le passeur s’en va, que reste-t-il ? Si par contre, il a co-construit une passerelle avec les personnes concernées, elle permet de continuer le travail ! Régulièrement, après la fin de ces séminaires, les professionnels aspirent à prolonger cette modalité de travail qui permet la mise en place des conditions de la coopération et le font par l’intermédiaire d’un blog propre au groupe.

Les cadres d’intervention peuvent être très divers

1. Auprès des équipes d’établissements culturels (médiathèque, musée, théâtre…), dans une direction de la culture, avec une équipe artistique…
Concrètement, dans une collectivité, dans des établissements, quels types de problématiques peuvent être travaillées avec cette approche ? Notre pratique montre que les axes de travail sont multiples :

– aider à élaborer et formuler un projet culturel de territoire, un projet de service, un projet d’établissement à l’exemple du chantier conduit à Arras pour l’Abbaye royale de Saint-Vaast comprenant musée, médiathèque, conservatoire et office culturel,
– développer la transversalité entre services,
– travailler collectivement à la résolution de situations conflictuelles dans les équipes culturelles,
– développer la capacité à travailler ensemble dans le champ culturel,
– co-élaborer des outils d’évaluation des actions culturelles : par exemple à Champigny-sur-Marne actuellement où le service culturel travaille à la co-élaboration d’outils de connaissance et de suivi des publics qui fréquentent les différentes propositions culturelles de la ville. Cela en s’inscrivant dans une volonté d’analyse de leurs propres pratiques de coopération,
– accompagner aux changements dans les métiers de la culture : par exemple, pour le Conseil général du Bas-Rhin, l’intervention a eu pour but la montée en compétence de l’équipe de la direction de la culture sur la territorialisation de son action, pour une meilleure prise en compte des contextes territoriaux. Était alors en jeu le passage d’un profil d’instructeur de dossiers de demande de subvention à un profil d’agent de développement culturel,
– dans des médiathèques, travailler sur les difficultés d’accueil des populations dites « sensibles » et voir en quoi ces difficultés permettent de retravailler sur les modes de fonctionnement et les orientations de l’établissement.

2. Ou également dans des lieux de formation et d’enseignement tels que par exemple à l’Université, à l’Observatoire des politiques culturelles qui le propose dans le cadre de son master direction de projet culturel ou bien encore le CNFPT.